À la suite de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, bovins, volailles et sucre pourront désormais être importés sans droits de douane depuis le Brésil, l’Argentine, le Paraguay ou l’Uruguay. Mais quelles sont les conséquences de cette décision pour les producteurs belges ? Réponse avec Guy Paternoster, président de la FEVIA en Wallonie, la Fédération de l’industrie alimentaire wallonne.

Selon Guy Paternoster, également membre du comité exécutif des Raffineries Tirlemontoises, le sucre et l’éthanol ont très clairement été la variable d’ajustement à la fin des négociations. “Notre Premier ministre, avec le président français et avec les responsables polonais et irlandais, avait encore attiré l’attention des négociateurs il y a deux semaines sur le risque par rapport aux produits agricoles et à ces produits sensibles. Malheureusement, ils n’ont pas été entendus“, regrette-t-il.

Hausse des quotas pour le bioéthanol

Avec cet accord, les quotas d’importation sans droits de douane pour le bioéthanol significativement augmentent. “On parle de 600 000 tonnes, c’est deux fois le volume que l’Europe exporte actuellement. Ça va donc avoir un impact très significatif sur cette activité, sachant qu’en Wallonie la principale matière première pour produire le bioéthanol, ce sont des céréales fourragères“, précise Guy Paternoster.

Il estime également que cette décision pourrait avoir un impact néfaste pour l’environnement car les conditions environnementales et sanitaires de production dans ces quatre pays du Mercosur sont loin d’être les mêmes que celles en vigueur dans l’Union européenne.

Bilan mitigé pour le secteur de l’agroalimentaire

En Belgique, les grands gagnants évidents de cet accord avec le Mercosur sont les secteurs automobile, chimique et pharmaceutique : ils pourront exporter vers les différents pays (Uruguay, Paraguay, Brésil et Argentine).

En ce qui concerne le secteur agroalimentaire, certains secteurs, comme le chocolat (dans lequel on retrouve des ingrédients comme le sucre ou le lait) ou les pommes de terre surgelées ou aux produits laitiers à haute valeur ajoutée, il y a des aspects positifs dans cet accord.

Guy Paternoster avertit néanmoins qu’aucun mécanisme de contrôle des produits n’a été mis en place : “Trois quarts des produits de protection des plantes qui sont utilisés pour la canne à sucre sont interdits en Europe. Ils utilisent encore du glyphosate, le Roundup, sur leurs cannes avant de les récolter, la canne OGM est autorisée, etc. Il va donc être très important de contrôler la qualité des produits entrants et on a un peu peur que ça soit une responsabilité des États membres.

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