À Pau, vive émotion après le meurtre du responsable d’un centre de réfugiés – Europe 1

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REPORTAGE

“C’était un homme bien, attentif.” L’émotion et l’incompréhension sont palpables vendredi soir à Pau, quelques heures après le meurtre de Cyril, un des responsables du centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) Isard COS, tué au couteau par un Soudanais de 38 ans. “C’était un homme qui écoutait tout le monde, notre patron. Il s’occupait de nous”, témoigne au micro d’Europe 1 Léonard, un des pensionnaires du centre arrivé de la République du Congo il y a deux ans.

“C’est grâce à lui que je suis là”

“C’est grâce à lui que je suis là, grâce à lui que j’ai pu faire une formation”, poursuit Léonard. “C’est très triste. Pourquoi tuer quelqu’un qui œuvre pour le bien des autres ?” Et le jeune homme n’est pas le seul devant le centre à saluer le professionnalisme et l’investissement du père de famille de 46 ans, qui a succombé à ses blessures après avoir reçu dix coups de couteau. Il était chef de service dans ce Cada depuis 12 ans. 

L’agresseur connu de la police pour des faits de violence

Désormais, les enquêteurs s’attellent à comprendre le motif de ce meurtre. L’agresseur, un homme de 38 ans arrivé du Soudan en 2015, est connu de la police pour des faits de violence en 2017, et avait effectué un passage en prison, mais il était inconnu des services de renseignement. L’homme s’est présenté dans les locaux administratifs du Cada vers 11 heures pour y rencontrer le chef du pôle asile.

Alors qu’il était dans son bureau, “des employés ont été alertés par des cris et ont immédiatement appelé les services de police”, a précisé le parquet de Pau. Policiers et secours ont découvert la victime au sol, porteuse de plusieurs plaies, principalement au thorax.

L’agresseur présumé était alors gardé dans un bureau annexe par des employés du centre, a détaillé la procureure de la République de Pau Cécile Gensac dans un communiqué. 

Un nouveau refus du statut de réfugié

Le meurtrier présumé ne vivait pas au centre, mais y avait été pris en charge par le passé. Il venait de se voir refuser son statut de réfugié par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Il semblerait que ce soit ce nouveau refus qui ait déclenché le passage à l’acte. L’homme a été placé en garde à vue pour assassinat et une enquête confiée à la sûreté départementale de la police de Pau.

De son côté, Gérald Darmanin s’est rendu sur place en fin d’après-midi pour exprimer sa “solidarité” avec ce drame. Le ministre de l’Intérieur a également salué cette structure associative qui “fait un travail admirable sur le territoire national”, avant d’avoir une pensée pour “la famille de la victime, ses enfants, et tous ses collègues”. 

Présent aux côtés du ministre, le maire de Pau, François Bayrou, a pour sa part évoqué “le double choc” des collaborateurs de Cyril. D’une part “parce qu’ils ont perdu leur collègue et ami”, mais aussi à cause des circonstances : “il est mort alors que leur vocation est de s’occuper de ceux qui recherchent le refuge et l’asile, et c’est précisément par l’un d’eux qu’il a perdu la vie.”

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