A Paris, les terrasses sont déjà de sortie, avant la date autorisée – Le Parisien

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Une vingtaine de petites tables rondes ont été alignées sur le trottoir, devant plusieurs cafés. Elles sont toutes occupées. Des groupes d’amis, de jeunes couples et des riverains « qui profitent de l’aubaine » savourent leur bière ou leur verre de vin, tranquillement attablés au soleil. « C’est formidable, Paris. On est déjà le 2 juin ! », lâche un jeune homme, en jetant un coup d’oeil amusé au tableau.

La scène se passe pourtant ce vendredi 29 mai, en fin de journée, dans un quartier, un brin bobo, du bas de la butte Montmartre au coeur du XVIIIe. Un peu plus de 72 heures avant l’entrée en vigueur de la phase II du déconfinement et l’autorisation de réouverture des terrasses des cafés et restaurants situés en « zone orange ».

Dans ce secteur du nord de la capitale (comme dans d’autres quartiers riches en « petits bars » comme la Butte aux Cailles dans le XIIIe par exemple), plusieurs établissements ont pris les devants. Ils ont ressorti tables et chaises sans attendre mardi. « C’est pour faire plaisir aux clients. On faisait déjà de la vente à emporter. Les gens buvaient debout, sur le trottoir. C’est quand même mieux s’ils peuvent s’asseoir, non? », résume le serveur d’un de ces cafés.

« C’est formidable. L’ambiance, les gens qui plaisantent… On revit »

« On en est très, très contentes. Qu’est-ce que ça fait du bien de boire un verre (ou deux) en terrasse ! », s’enthousiasment Djemilla, habitante du quartier, et Dominique qui vit à Saint-Ouen. Les deux collègues et amies qui ont découvert la terrasse « anticipées » par hasard, ont sauté sur l’occasion.

« Quand on est arrivées, il y a une heure, il n’y avait que 3 tables. Maintenant il y en a 10 », s’amuse l’une des deux amies. « C’est formidable. L’ambiance, les gens qui plaisantent, même le bruit des conversations… On revit », savoure l’autre en disant assumer cette petite entorse aux règles de déconfinement. « Franchement, les gens sont responsables. Si tu es malade, tu ne viens pas en terrasse. Et puis c’est tout. »

« C’est une très bonne surprise », enchaîne Patricia, 59 ans, une habitante du quartier qui a, elle aussi, découvert « l’éclosion » de la terrasse en rentrant chez. « Cette vie sociale me manquait tellement », lâche-t-elle hilare, « et un peu pétée », avant de recommander un nouveau Mojito.

Ici dans le XVIIIe arrondissement, des terrasses ont déjà refait leur apparition. LP/Arnaud Dumontier
Ici dans le XVIIIe arrondissement, des terrasses ont déjà refait leur apparition. LP/Arnaud Dumontier  

La riveraine a gardé sa visière sanitaire (relevée) sur le front. Patrice, un autre riverain qu’elle ne connaissait pas mais à qui elle a proposé de partager sa table, porte son masque chirurgical sous le menton. Les serveurs qui font des allers-retours du comptoir jusqu’à la terrasse, eux, sont tous masqués. Les tables, sorties au fur et à mesure de l’arrivée des clients, sont peut-être espacées d’un mètre. Mais les chaises sont à touche-touche.

« Houla, ça prend des risques ici! », note un jeune homme qui découvre les tables sorties sur le trottoir. « Pas des risques sanitaires. Plutôt administratifs », précise-t-il aussitôt. « Ça fait plaisir de voir ça. Mais si les keufs passent, les cafetiers vont peut-être avoir des problèmes… »

Quelques minutes plus tard, une voiture de police, quatre fonctionnaires à son bord, passe justement dans la petite rue. Elle ralentit quelques secondes à la hauteur des « terrasses anticipées »… et reprend sa route à vitesse normale.

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