A Paris, la grève se traduit par un chaos urbain – Le Monde

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Devant la gare de l’Est, à Paris, de longues files de parapluies sombres s’entrechoquent à proximité des arrêts de bus. Descendus des rares trains desservant la petite et la grande couronne, lundi 9 décembre, en ce matin de grève, les voyageurs ont trouvé les grilles du métro fermées.

« Pourtant, l’appli disait que la ligne 4 fonctionne ! », s’exclame une dame. Mais un incident technique a conduit la Régie autonome des transports parisiens (RATP) à fermer momentanément la ligne. Sur la piste cyclable, des cyclistes impatients pressent les gens qui attendent le bus, à coups de sonnette, d’aller voir ailleurs. Les bus sont bondés ; tous les parapluies ne peuvent y monter. Le ciel est toujours aussi sombre et il ne cesse de pleuvoir.

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Plus au nord, le carrefour de la porte d’Aubervilliers est encombré. Les voitures quittent le périphérique au compte-gouttes et s’engouffrent dans la circulation, au rythme des klaxons. Les quelques bus qui circulent encore sont bloqués. Des scooters biaisent en empruntant le trottoir ou la piste cyclable, quitte à gêner les autres usagers et à rouler dans des flaques géantes.

Six cents kilomètres de bouchons

Malgré les nombreux agents SNCF déployés le long du quai du RER B, la montée et la descente du train sont difficiles, voire risquées, à Paris, le 9 décembre.

Cette scène en rappelle une autre, datant du 5 décembre, premier jour de grève, la pluie en moins. Rue de Rivoli, dans le centre de la capitale, les larges voies cyclables débordent de vélos et de trottinettes, qui butent, au feu vert, sur les voitures et scooters encombrant les carrefours. Depuis un décret du 23 octobre, le code de la route sanctionne pourtant d’une amende de 135 euros le fait de s’engager dans une intersection si son véhicule risque d’y être immobilisé. Mais, faute d’agents de la circulation, la règle n’est pas respectée.

Paris n’a certes pas attendu cette semaine, ni même le mandat de la maire Anne Hidalgo (Parti socialiste), n’en déplaise à ses détracteurs, pour connaître des encombrements majeurs. Mais la grève conjointe à la SNCF et à la RATP accentue tous les travers que l’on constate un jour habituel. Privés de transports souterrains, les habitants de la région parisienne se sont rabattus sur la surface.

Lundi, plus de 600 km de bouchons étaient comptabilisés en Ile-de-France entre 7 h 30 et 9 h 30. Le 5 décembre, selon la Mairie de Paris, le trafic sur les pistes cyclables avait progressé de 96 % par rapport à la semaine précédente. Et le lundi 9 au matin, l’application Géovélo signalait encore une hausse de 10 % de l’usage du vélo par rapport au lundi précédent, malgré le déluge.

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