Sur les lieux de l’explosion, rue de Trévise à Paris, samedi 12 janvier.

Sur les lieux de l’explosion, rue de Trévise à Paris, samedi 12 janvier. BENOIT TESSIER

Une forte explosion s’est produite, samedi 12 janvier vers 9 heures, dans un immeuble du 9e arrondissement de Paris, causant une trentaine de blessés, dont cinq voient leur « pronostic vital engagé », selon la préfecture de police de Paris.

L’explosion s’est produite dans un quartier touristique de la capitale, à l’angle de la rue de Trévise et de la rue Sainte-Cécile, et a endommagé une partie de l’immeuble.

La piste de la fuite de gaz privilégiée

Il y a eu une « explosion grave, certainement liée à une fuite de gaz d’origine manifestement accidentelle avec des poches de gaz qui ont explosé. Le bilan humain est lourd et grave », a déclaré vers 10 h 30 le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, qui s’est rendu sur place, tout comme le premier ministre, Edouard Philippe, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et le procureur de Paris, Rémy Heitz.

La déflagration s’est produite alors que les pompiers étaient déjà en intervention pour une fuite de gaz. « Les gens étaient dans la rue et les pompiers à l’intérieur » de l’immeuble, selon le ministre. La préfecture de police de Paris a communiqué en fin de matinée un bilan humain faisant état de douze blessés graves, dont cinq entre la vie et la mort (« pronostic vital engagé »), et vingt-quatre blessés plus légers. Trois pompiers figurent parmi les blessés « en urgence absolue ».

De nombreuses personnes ont été soignées par les secours dans les rues proches du lieu de l’explosion, et plusieurs hélicoptères de la sécurité civile se sont posés place de l’Opéra pour évacuer les victimes les plus graves. Au moins deux cents pompiers ont été mobilisés.

Un hélicoptère de la sécurité civile place de l’Opéra, à Paris.

Un hélicoptère de la sécurité civile place de l’Opéra, à Paris. LUDOVIC MARIN / AFP

« Le souffle a brisé les vitres »

En fin de matinée, la rue Sainte-Cécile était bloquée par les policiers et les camions de pompiers étaient toujours en intervention. Une odeur de brûlé flottait dans le quartier, comme l’a constaté notre journaliste Pierre Bouvier, présent sur place.

Il a notamment recueilli le témoignage de Maxime Daridan, un journaliste qui habite rue de Trévise et a été réveillé par l’explosion. Toutes les vitres de son appartement ont été soufflées, sur rue et sur cour. Il a constaté les dégâts et vu le camion de pompier en intervention pour la fuite de gaz. Puis les policiers ont commencé à repousser la foule pour dégager le périmètre de sécurité.

Deux pâtés de maisons plus loin, en bas du faubourg Poissonnière, le mari de la pharmacienne déblayait le verre de sa vitrine qui a volé en éclats : « Il était… 8 h 57, il y a eu une explosion puis le souffle qui a brisé les vitres de la pharmacie. Mais c’est un moindre mal. »

La capitale sous haute sécurité

Les pompiers de Paris ont reçu un « grand nombre d’appel » lié à l’explosion et invitent les citoyens à libérer les lignes téléphoniques si leur demande ne « revêt pas un caractère d’urgence ».

La capitale est placée samedi sous haute sécurité, avec plus de cinq mille policiers et gendarmes mobilisés pour l’acte IX de la manifestation des « gilets jaunes ».