A Nantes, un homme au lourd passé judiciaire avoue le viol et le meurtre d’une jeune fille – Le Monde

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La maison du crime, située tout près du centre-ville de Nantes.

Un témoignage, une contravention et de l’ADN. Ces trois éléments, déterminants, ont conduit à l’interpellation d’un homme de 45 ans au lourd casier judiciaire jeudi 27 août, dans une petite commune de Loire-Atlantique. Il est soupçonné d’avoir violé et tué une lycéenne de 15 ans, en plein jour, à Nantes, une semaine plus tôt.

L’homme a été mis en examen et placé en détention provisoire à Nantes, samedi 29 août, après avoir été présenté à un magistrat instructeur. Son placement en détention provisoire a été requis, sachant que l’homme avait déjà été condamné à 18 ans de réclusion criminelle en 2005 devant la cour d’assises de la Vienne. Les jurés l’avaient alors reconnu coupable de neuf viols, de trois tentatives de viol et d’une agression sexuelle, sous la menace d’une arme, le tout commis entre 2001 et 2003.

A l’époque, un suivi socio-judiciaire d’une durée de dix ans, avec des obligations de travail, d’indemnisation des victimes et de soins avait également été notifié. « Depuis sa sortie de prison, en février 2016, l’ensemble de ces obligations avaient été respectées. Il voyait notamment un psychothérapeute tous les deux mois, a indiqué le procureur de la République adjoint de Nantes, Yvon Ollivier, à l’occasion d’une conférence de presse au tribunal judiciaire de Nantes, ce samedi 29 août. Mais cela n’a pas suffi à prévenir la récidive légale. »

Aveux

Lors de sa garde à vue dans les locaux de l’antenne de police judiciaire de Nantes, jeudi, le suspect « a livré spontanément des aveux circonstanciés dès sa première audition », a ajouté Yvon Ollivier. Le jour des faits, « après avoir préalablement repéré les lieux », une maison en réfection à l’abri des regards située tout près du centre-ville de Nantes, le quadragénaire a croisé la victime et utilisé « un stratagème » pour qu’elle le suive. Cette jeune fille, qui habitait la même rue, était partie chercher un colis à 16 heures. Son corps a été découvert moins de deux heures plus tard. Elle a succombé à un « syndrôme asphyxique, qui pourrait avoir été causé par une strangulation », selon le médecin légiste.

Le mode opératoire du suspect était le même vingt ans plus tôt. « Prétextant avoir besoin d’aide pour porter un carton, l’homme a entraîné la jeune fille au deuxième étage de cette maison », a poursuivi le procureur de la République adjoint. Après avoir commis ses crimes, il est redescendu chercher de l’eau de Javel et des allumettes dans sa voiture, stationnée dans la rue, avant de remonter et de tenter de mettre le feu pour effacer les traces.

Deux départs de feu avaient été constatés par les pompiers, à leur arrivée, rapide, sur les lieux. De nombreux prélèvements avaient rapidement été confiés à l’Institut français des empreintes génétiques (IFEG) de Nantes. Une vaste enquête de voisinage avait également été menée. Elle avait permis aux enquêteurs d’apprendre qu’un homme « un peu curieux » avait été vu autour des lieux des crimes. Sa voiture avait été verbalisée et la consultation des fichiers a permis de retrouver sa trace.

Réclusion criminelle à perpétuité encourue

Cet homme, qui a une compagne et travaillait en qualité de chef d’équipe chez un fabricant de briques, a été identifié par les policiers moins de quatre jours après les faits. Dans l’attente des résultats ADN, il a été pisté par la brigade de recherche et d’intervention. « Chacune de ses allées et venues était surveillée », a expliqué Pascal Gontier, le directeur interregional adjoint de la police judiciaire de Rennes, qui a par ailleurs tenu à saluer « la ténacité et l’engagement » des enquêteurs.

Une information judiciaire a été ouverte samedi à Nantes pour « homicide volontaire suivi d’un autre crime », « viol en récidive légale » et « destruction de biens par un moyen dangereux pour les personnes ». Le suspect encourt aujourd’hui la réclusion criminelle à perpétuité.

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