A Marseille, un congrès crucial pour agir face à la crise de la biodiversité – Le Monde

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Ce jeune dauphin commun a été trouvé échoué sur la plage de Port-Fontaine, près du petit port de Lomener (Morbihan), le 1er février 2018.

Provoquer un sursaut général face à l’une des principales menaces pesant sur la planète et sur l’humanité. Alors que la vie sauvage disparaît à un rythme accéléré et que la quasi-totalité des écosystèmes a été altérée, tel est l’enjeu du congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui va s’ouvrir vendredi 3 septembre à Marseille. Cet événement, qui réunira jusqu’au 11 septembre scientifiques, membres de la société civile, représentants des peuples autochtones, responsables politiques et chefs d’entreprise, marque l’ouverture d’une séquence internationale cruciale pour la protection de l’environnement.

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Avec la conférence des Nations unies sur la biodiversité (COP15), prévue au printemps 2022 en Chine, il doit susciter un élan indispensable à la lutte contre l’effondrement du vivant. « On attend de ce congrès une mobilisation nouvelle et un passage à l’action fort, précise Sébastien Moncorps, le directeur du comité français de l’UICN. Il n’y a plus d’incertitudes sur la crise de la biodiversité. La communauté internationale de la conservation a fait des propositions concrètes pour la résoudre, il faut que ça se traduise par une mise en œuvre immédiate. »

Fondée en 1948 à Fontainebleau, l’UICN compte 1 400 membres, dont une centaine d’Etats, et s’appuie sur un réseau de près de 18 000 experts. Tous les quatre ans, son congrès est l’occasion de dresser les priorités mondiales de la protection de la nature.

Plus d’une centaine de résolutions – sur la lutte contre la déforestation importée, la pollution plastique dans les milieux marins, la protection des grands singes… – ont déjà été adoptées, et une vingtaine d’autres doivent encore être négociées à Marseille.

« Tour de chauffe »

Mais, au-delà de ces discussions, ce congrès prend place dans un contexte différent des précédents, alors que la question de la dégradation des écosystèmes s’impose peu à peu dans l’agenda politique.

En 2019, le premier rapport majeur de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques alertait sur le risque de disparition à brève échéance d’un million d’espèces animales et végétales, et décrivait un taux actuel d’extinction « au moins des dizaines ou des centaines de fois supérieur à ce qu’il a été en moyenne durant les derniers dix millions d’années ».

D’autres publications scientifiques et la Liste rouge des espèces menacées, régulièrement mise à jour par l’UICN, ont contribué au début de prise de conscience concernant l’état catastrophique de la planète : en cinquante ans, les populations mondiales de vertébrés ont décliné en moyenne de 68 %, et la France a perdu 30 % de ses populations d’oiseaux des villes et des champs en trois décennies.

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