A Marseille, dernière soirée électorale pour le maire sortant Jean-Claude Gaudin – Le Monde

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Jean-Claude Gaudin dans un bureau de vote à l’école Mermoz, à Marseille, le 28 juin.

C’était sa dernière soirée électorale. Son dernier dimanche d’élection dans son bureau de maire, au premier étage de l’hôtel de ville, sur le Vieux-Port. Dans quelques jours, Jean-Claude Gaudin, 80 ans, doit laisser la place à son successeur : en principe, Michèle Rubirola, la candidate écologiste du Printemps marseillais, arrivée en tête au second tour. En principe car, avec 42 élus pour cette union à gauche contre 39 pour la droite, Jean-Claude Gaudin juge que « rien n’est encore joué » avant le conseil municipal de la fin de semaine.

La journée de « monsieur le maire » avait commencé vers 10 h 30, l’heure à laquelle il a l’habitude de voter depuis vingt-cinq ans qu’il règne sur Marseille. Ses derniers fidèles l’attendaient devant l’école Mermoz, dans le triangle d’or des beaux quartiers de la ville : Dominique Tian, premier adjoint, et le fidèle Yves Moraine, maire du 4e secteur, que Gaudin rêvait de voir lui succéder mais qu’un échec aux législatives a laissé au tapis.

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Le maire de Marseille a ensuite déjeuné chez lui dans le quartier de Mazargues, la maison familiale où il fait sa sieste. Vers 19 heures, il a rejoint la mairie centrale, comme chaque dimanche d’élection municipale où tous les six ans il se succédait à lui-même. L’attendaient Yves Moraine, Claude Bertrand, son directeur de cabinet, ce double à la silhouette si semblable, Jean-Pierre Chanal, directeur général des services adjoint et sa plume depuis toujours, ainsi que le vieil ami Roland Blum, l’ex-premier adjoint.

Pas besoin d’interprète

Ses cartons ont déjà été faits et ce dimanche, seuls demeurent dans son bureau les meubles de Gaston Defferre et la cloche de l’ancien maire socialiste de Marseille, celle qu’il faisait tinter pour couper le sifflet aux conseillers municipaux trop bavards. Jean-Claude Gaudin s’est enfoncé dans son fauteuil, et sur l’ordinateur placé devant lui, a commencé à scruter les résultats bureau par bureau.

Pour la première fois de sa vie politique, l’élection municipale de 2020 a bousculé ce routier des scrutins. Sa « théorie des courants », qui d’habitude lui permet de flairer les résultats marseillais bien à l’avance, lui a été sans secours. Le Covid-19 a tout brouillé, se convainc-t-il pour justifier la vague qui a porté Michèle Rubirola et le Printemps marseillais. Dimanche soir, il ne lui faut pas longtemps pour comprendre ce qui se joue. Maurice Battin, le directeur de cabinet adjoint, pousse régulièrement la porte pour livrer de nouveaux résultats, mais Jean-Claude Gaudin n’a pas besoin d’interprète.

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