A Lyon, le menu sans viande des écologistes dans les cantines n’est pas au goût du gouvernement – Le Monde

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Le recours temporaire au menu unique vise à fluidifier le service afin que tous les repas (29 000 par jour) puissent être servis durant le temps du déjeuner.

Accusée d’imposer des menus sans viande aux enfants d’école primaire par conviction végane, la mairie écologiste de Lyon affronte une vive polémique, alimentée par plusieurs membres du gouvernement ce week-end. « Idéologie scandaleuse », a tweeté Gérald Darmanin, samedi 20 février, s’en prenant au choix de la municipalité lyonnaise de proposer un seul menu sans viande dans les cantines des écoles primaires, à partir de la rentrée de lundi. « Insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français », a ajouté le ministre de l’intérieur, affirmant que les écologistes veulent exclure les classes populaires des cantines scolaires car, dit-il « de nombreux enfants n’ont souvent que la cantine pour manger de la viande », au nom d’une « politique moraliste et élitiste ».

En omettant de préciser que l’ancien maire de Lyon, Gérard Collomb, avait pris exactement la même mesure, à l’occasion de la sortie du premier confinement, en mai 2020, seul moyen selon lui pour assurer la distribution de 29 000 repas quotidiens dans les écoles primaires de la ville. L’option de l’ancien maire LRM a donc été reprise par la municipalité désormais dirigée par les écologistes, alliés à la gauche unie.

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Avant la crise sanitaire, les élèves lyonnais avaient le choix entre trois entrées et deux plats principaux différents, dont un à base de viande ou de poisson. Or, la moitié des élèves de primaire ne choisissait pas la viande, par goût, par habitude familiale ou par précepte religieux. « Le seul moyen de faire manger un plat chaud à tous les enfants de l’école, c’est de proposer un plat sans viande, mais avec protéines animales comme le poisson ou les œufs, conforme aux exigences nutritionnelles. Nous n’excluons personne, c’est même le contraire ! », explique Stéphanie Léger, maire-adjointe à l’éducation.

Salve de critiques

Dans son sixième protocole sanitaire des écoles, le ministère de l’éducation nationale a imposé pour la rentrée une distance de deux mètres entre les élèves à la cantine, contre un mètre auparavant. Ce qui rend le temps de cantine plus difficile à gérer et ne permet pas de proposer plusieurs plats. « Nous faisons manger chaud tous les enfants, en appliquant les précautions sanitaires demandées, et des membres du gouvernement nous font le procès de l’élitisme, c’est tout de même le monde à l’envers », estime Stéphanie Léger. « Je suis nouvelle en politique, je trouve que faire porter le jeu politique sur le dos des enfants, c’est très malhonnête », ajoute l’adjointe du maire écologiste Grégory Doucet.

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