À l’ouverture de son procès, Bernard Tapie apparaît «très affaibli» – Le Figaro

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Le procès en appel de Bernard Tapie, rejugé pour «escroquerie» après sa relaxe en juillet 2019 dans l’affaire de l’arbitrage qui lui avait octroyé 403 millions d’euros en 2008 pour solder son vieux litige avec le Crédit Lyonnais, s’est ouvert ce lundi 12 octobre à Paris.

L’homme d’affaires de 77 ans, qui se bat depuis près de trois ans contre un double cancer de l’estomac et de l’oesophage, est apparu affaibli, affublé d’un masque et presque aphone. Ce qui ne l’a pas empêché de s’emporter dès l’ouverture de son procès, menaçant même d’une voix à peine audible de «partir» de la salle, s’il ne pouvait s’exprimer sur la revente d’Adidas dans les années 1990, point de départ de son vieux litige avec le Crédit Lyonnais.

Bernard Tapie. THOMAS SAMSON / AFP

«M. Tapie n’est sans doute pas en état de comparaître. Avec les efforts qu’il fait, la moindre des choses c’est qu’il ait la possibilité d’être entendu», a alors souligné son avocat Hervé Temime.

«Je pense que c’est le dernier combat de sa vie», avait-il déjà affirmé le 6 octobre dernier à BFMTV. «Et honnêtement, le voir avec autant de courage et de détermination alors qu’il est très affaibli… Il veut assister à chaque minute de son procès alors que je suis persuadé que si un médecin l’examinait, il lui dirait probablement qu’il n’en est pas capable. À ce niveau-là, c’est, je dois dire, assez étonnant.» «Il est dans une forme délicate», avait-il également précisé.

Cinq semaines de procès

Il est reproché à Bernard Tapie d’avoir activé ses soutiens à l’Elysée pour que le pouvoir choisisse la voie arbitrale au lieu d’une résolution judiciaire classique.

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Cinq personnes sont rejugées aux côtés de Bernard Tapie : son ancien avocat Maurice Lantourne et l’un des trois juges-arbitres Pierre Estoup sont également poursuivis pour «escroquerie», soupçonnés d’avoir «truqué» la sentence arbitrale en faveur de l’ancien patron de l’Olympique de Marseille. Stéphane Richard, directeur de cabinet de l’ex-ministre de l’Economie Christine Lagarde à l’époque des faits, et les deux ex-dirigeants des entités chargées de gérer le passif du Crédit Lyonnais, Jean-François Rocchi et Bernard Scemama, sont eux rejugés pour «complicité»

Le 9 juillet 2019, le tribunal correctionnel de Paris avait prononcé une relaxe générale. Pour les juges, «aucun élément du dossier» ne permettait d’affirmer que l’arbitrage, censé solder un vieux litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais et qui a été définitivement jugé irrégulier par la justice civile, ait fait l’objet de «manoeuvres frauduleuses». Le parquet de Paris, qui estime que l’arbitrage était «truqué» et qui avait requis des peines d’emprisonnement contre cinq des six prévenus, dont cinq ans ferme contre Bernard Tapie pour «escroquerie» et «détournement de fonds publics», avait fait appel.

La cour d’appel doit désormais se replonger pendant cinq semaines dans cette affaire.

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