A Evreux, l’effroi et la colère après l’attentat contre un professeur à Conflans-Sainte-Honorine – Le Monde

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« On ne tue pas pour des caricatures, rien ne le justifie. » Dans les allées verdoyantes du lotissement Peyresourde, ensemble d’immeubles nichés dans le quartier populaire de la Madeleine, à Evreux, ce résident (qui préfère garder l’anonymat) oscille entre effroi et colère depuis que l’un de ses voisins, Abdouallakh Anzorov, 18 ans, a décapité, vendredi 16 octobre, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), un professeur d’histoire-géographie qui avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves lors d’un cours d’enseignement moral et civique.

C’est dans l’un des bâtiments proprets situés rue Georges-Duhamel, en face de l’imposante enceinte de la maison d’arrêt d’Evreux, avec sa façade décatie et sa toiture grisâtre, qu’habite depuis quelques années la famille du jeune homme, né à Moscou en 2002. Dans la soirée de vendredi, la police a fait irruption dans ce lotissement paisible de la zone industrielle d’Evreux afin d’interpeller et placer en garde à vue les parents d’Abdouallakh Anzorov, son grand-père ainsi que l’aîné de ses cinq petits frères, âgé de 17 ans.

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Depuis la mort de l’assaillant, abattu par les forces de l’ordre, les habitants s’interrogent sur les motivations du jeune homme d’origine tchétchène, arrivé en France en 2008, à 6 ans, et qui bénéficiait, comme sa famille, d’un statut de réfugié – malgré un refus de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides en 2010 – et d’un titre de séjour valable jusqu’en mars 2030. « Lui et ses parents sont des gens qui ne sortaient quasiment jamais », assure une résidente.

« Internet a dû lui retourner le cerveau »

Un voisin dépeint Abdouallakh Anzorov comme un « gamin discret, d’apparence totalement normale ». « Ce jeune est un mystère, estime-t-il. Une connaissance l’avait eu en stage de 3e il y a deux ou trois ans, il était joyeux et blagueur… A 18 ans, il n’avait pas eu le temps d’avoir un vécu. Comment a-t-il pu disjoncter, changer d’un jour à l’autre ? Internet a dû lui retourner le cerveau. »

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D’autres voisins le décrivent comme un jeune homme solitaire, au regard froid, pratiquant la boxe et la lutte. Un adolescent qui semble s’être replié sur la religion ces derniers mois. « Ce gamin, c’était l’eau qui dormait », considère un sexagénaire, habitant du quartier depuis dix ans. Scolarisé jusqu’au collège à Evreux, toujours vêtu de noir, le jeune homme n’était pas connu des services de renseignement et s’était distingué, en 2018, pour dégradation et violences en réunion. Selon plusieurs fidèles, il ne s’était jamais rendu à la petite mosquée Assalam, l’une des trois du quartier, située rue de Colmar, à quelques minutes du lotissement Peyresourde.

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