A Besançon, une adolescente tondue par sa famille pour une relation amoureuse – Le Monde

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Le quartier de Clairs-Soleils à Besançon en août 2019 (photo d’illustration).

En dépit des tensions restées vives entre communautés de l’ex-Yougoslavie, la relation entre deux jeunes gens, un garçon serbe de 20 ans et une adolescente bosniaque de 17 ans, n’avait jamais paru poser problème à leurs familles, installées à Besançon. Tous résident dans le même bâtiment des Clairs-Soleils, un quartier à forte population immigrée.

Mais quand cette relation est devenue sérieuse et qu’un mariage a été évoqué, tout a basculé. Lundi 17 août, la jeune fille a été frappée, humiliée, et même tondue par les siens. « Ses parents lui ont dit : tu es musulmane, tu ne te marieras pas avec un chrétien », a raconté la vice-procureure de la République de Besançon, Margaret Parietti.

Avant d’en arriver à cette scène d’une extrême violence, révélée vendredi 21 août par L’Est républicain, la famille de l’adolescente, en partie sous le coup d’une procédure d’expulsion, interrompue par la crise sanitaire, lui avait interdit de revoir son amoureux et l’avait privée de son téléphone portable. Mais les jeunes gens ont continué à se fréquenter en cachette, avant de disparaître ensemble durant quatre jours. Ils ont toutefois maintenu le contact avec leurs familles respectives, par SMS, en s’efforçant d’apaiser la situation.

C’est avec cet espoir que, dès leur retour, les amoureux, en compagnie des parents du garçon, se sont présentés au domicile de ceux de l’adolescente.

Mises en examen

La tentative de conciliation a fait long feu. La mère a giflé sa fille avant qu’elle soit poussée dans une chambre où son oncle paternel lui a coupé sa chevelure de soixante centimètres puis l’a tondue. Alors que le garçon, suivi par ses parents, partait alerter la police, les coups continuaient de s’abattre sur la victime. Au final, une côte cassée, une oreille blessée, de multiples hématomes et quatorze jours d’incapacité totale de travail.

Le père, la mère, l’oncle et la tante de la victime, interpellés et placés en garde à vue, ont été mis en examen pour « violences sur mineur en présence de mineurs et en réunion ».

D’autres coups administrés par les parents de la jeune femme depuis leur arrivée en France en 2017 ont aussi été mentionnés lors de l’enquête. Désormais sous contrôle judiciaire, tous ont interdiction de rencontrer l’adolescente, « placée sous protection judiciaire dans une structure adaptée », selon le parquet.

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Ce fait divers a suscité l’incompréhension à Besançon, dont la maire (Europe Ecologie-Les Verts), Anne Vignot, a exprimé son « émotion ». Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, s’est quant à lui dit sur Twitter « profondément choqué par cet acte de torture » et « cette barbarie [qui] appelle les sanctions les plus sévères ».

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