5G : Orange en dit plus sur ses projets de mutualisation avec Free

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5G : Orange en dit plus sur ses projets de mutualisation avec Free

Le sujet agite le marché des télécoms. Orange et Free vont-ils mutualiser leurs réseaux 5G ? Invité en fin de semaine dernière sur le plateau de BFM Business, Stéphane Richard a de nouveau suggéré qu’une réflexion est en cours sur le sujet. 

« Si vous partagez un certain nombre d’antennes, notamment dans les zones peu denses, vous pouvez avoir plus d’antennes, une meilleure couverture, que si vous essayez d’y aller en ordre dispersé », a ainsi glissé le PDG d’Orange, confirmant de fait que l’opérateur historique planche aujourd’hui sur un tel scénario. Raison invoquée : un déploiement mutualisé de son réseau 5G, au moins dans les zones rurales, permettrait de faire baisser la facture du déploiement des réseaux de nouvelle génération, pour lequel Orange prévoit d’investir de 500 à 600 millions d’euros par an.

« La voie est libre pour la mutualisation de la 5G entre Orange et Free », avait déjà indiqué le dirigeant lors de l’Université d’été du THD, qui se tenait fin octobre en Vendée. Ce faisant, le dirigeant a ouvert la porte à un accord semblable à celui – dit Crozon – conclu en 2014 entre Bouygues Telecom et SFR pour mutualiser les réseaux 4G des deux opérateurs, et éviter ainsi les doublons d’antennes sur des mêmes sites mobiles. « Pour nous, ce sera Free car les deux autres opérateurs sont déjà ‘mariés’ », n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler le PDG d’Orange.

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L’accord de la raison ?

Pour autant, ce dernier a indiqué que de telles discussions ne sont encore qu’à l’état d’ébauches. « Il n’y a pas de discussion aujourd’hui. on n’avait pas juridiquement le droit d’ouvrir des discussions tant qu’on était en procédure d’enchère », a-t-il expliqué, tout en confirmant que les abonnés d’Orange pourront disposer d’une mise à jour de leurs offres sur les réseaux 5G à compter du 18 novembre prochain.

Dans les faits, un tel accord semblerait logique entre les deux opérateurs. Du moins sur une partie du territoire. Free a en effet annoncé en automne dernier s’être associé à l’équipementier Nokia pour déployer son réseau de nouvelle génération en France (ainsi qu’en Italie). Du côté d’Orange, c’est également sur Nokia que l’opérateur historique a misé pour déployer son réseau 5G « sur les régions ouest et sud-est, zones sur lesquelles la société Nokia est déjà fournisseur de 2G/3G/4G ».

D’autant que la dernière partie des enchères accréditent encore le projet des deux opérateurs. Orange et Free se sont en effet offerts deux blocs de fréquences voisins sur la bande des 3,5 GHz, la “bande-reine” de la 5G qui a fait l’objet d’un appel d’offres dont les résultats finaux ont été annoncés la semaine dernière par les autorités. Orange, qui détient le plus gros bloc de fréquences, avec 90 MHz de fréquences 5G, disposera d’un bloc allant de 3,71 GHz à 3,80 GHz, tandis que la filiale française d’Iliad disposera de 70 MHz de fréquences sur un bloc allant de 3,64 GHz à 3,71 GHz, qu’elle s’est offert moyennant le versement de trois millions d’euros supplémentaires.

Enfin, rappelons que les deux opérateurs sont des partenaires de longue date. Les deux opérateurs ont ainsi conclu un accord d’itinérance sur les réseaux 2G et 3G d’Orange, qui permettent à Free de s’appuyer sur le réseau de l’opérateur historique pour ses propres offres commerciales. Alors que celui-ci était destiné à s’arrêter le 31 décembre prochain, l’Arcep vient de donner son aval à un projet d’avenant permettant à Free de reporter de deux ans, soit jusqu’au 31 décembre 2022, cette itinérance.

Un sujet pour 2021

Si l’état-major table donc sur un accord de mutualisation pour le déploiement de son réseau 5G, c’est qu’il s’est fait à l’idée que la nouvelle génération de technologie mobile ne prendra véritablement son envol que dans quelques mois. « La 5G ne va pas atteindre de gros volumes cet hiver parce que le réseau ne sera tout simplement pas équipé », a ainsi confirmé le dirigeant, qui relève que l’opérateur historique se concentrera d’abord sur la mise à niveau 5G d’une part de ses 24 000 sites 4G répartis sur le territoire avant de construire de nouvelles antennes dédiées à la 5G.

“Pour que le grand public se saisisse vraiment de la 5G, il faudra attendre que la couverture monte en puissance dans les mois qui viennent. Il s’agit plutôt d’un sujet pour le premier et surtout le deuxième trimestre 2021 qu’une simple équation économique”, indique le patron de l’opérateur historique. “Se pose également la question des terminaux”, relève enfin ce dernier, pour qui la 5G ne devrait véritablement s’inviter dans les foyers et les poches des Français qu’à compter de l’année prochaine.

Pour rappel, Orange a d’ores et déjà communiqué sur le tarif de ses premiers forfaits 5G. L’opérateur historique devrait bien assurer un surcoût d’environ 5 euros pour permettre à ses abonnés de disposer d’abonnements 5G.

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